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Hausse des prix des carburants : la CLCV met en cause les distributeurs

Illustration de la hausse du carburant dans une station-service d'Antibes. (SEBASTIEN BOTELLA / MAXPPP)

 

Les hausses des taxes et l’augmentation des marges des distributeurs sont les principales responsables de la hausse des prix des carburants, dénonce l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV (Consommation Logement Cadre de vie), mercredi 9 mai. Pour la plupart des ménages ayant une voiture, la hausse des carburants a pour conséquence "un surplus de dépense compris entre 100 et 225€ à l’année”.

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Les distributeurs augmentent leurs marges

Si l'augmentation du prix du baril, liée au contexte international (Iran, Proche-Orient, etc...) et à une forte demande mondiale, peut expliquer en partie ces hausses, "son impact a été assez largement amorti par la forte appréciation de l’euro relativement au dollar", tempère la CLCV. "La France a longtemps été le pays avec une forte concurrence dans la distribution de carburant", souligne l'association, qui note que les grandes surfaces ont longtemps pratiqué "des marges de l’ordre de 6 à 7 centimes le litre, correspondant aux plus basses d’Europe." 

Mais depuis le début de cette décennie, la CLCV remarque que "la hausse tendancielle" atteint "une dizaine de centimes le litre", une marge qui connaît "parfois des hausses ponctuellement fortes". Pour l'essence, la marge était de 11 centimes par litre en moyenne sur l’année 2017. Elle est passée à 13,9 centimes en moyenne depuis le début de l’année 2018. Pour le gazole, la marge était de 11,2 centimes par litre en moyenne sur l’année 2017. Elle est passée à 12,6 centimes en moyenne depuis le début de l’année 2018.

Hausse des taxes sur le diesel

L'autre facteur expliquant la hausse des carburants est l'augmentation des taxes, qui ont "beaucoup augmenté du fait de la hausse de la contribution climat énergie", affirme la CLCV qui note que cette hausse est "plus importante pour le diesel, car les pouvoirs publics souhaitent effectuer un rattrapage avec la fiscalité de l’essence". Ainsi, le montant total des taxes était de 88,9 centimes par litre en moyenne sur l’année 2017 pour l'essence et de de 75,2 centimes par litre en moyenne pour le gazole.

Alors que la hausse des taxes est "censée inciter à diminuer la consommation d’énergie fossile", cela n'a "produit pour l’instant aucun effet de la sorte", constate l'association de consommateurs. "La hausse de la fiscalité écologique est avant tout une mesure de rendement fiscal. Elle heurte le portefeuille des particuliers", indique la CLCV. Elle prend l'exemple d'un ménage ayant deux véhicules et parcourant 25 000km sur l'année. Pour cette famille, l'augmentation du prix du carburant "induit une hausse des dépenses de 180€ environ à l’année". Pour la plupart des ménages ayant une voiture, la hausse des carburants touche "plus durement les ménages très dépendants de l’automobile notamment situés en milieu rural ou en banlieue." 

 

La CLCV interpelle les pouvoirs publics

Face à ce constat, la CLCV demande aux pouvoirs publics "d'interrompre leur politique d’augmentation des taxes sur le carburant" et aux professionnels "de modérer leurs marges de distribution".

Selon les calculs de l'association, les prix des carburants s'approchent de la barre des 1,50€ le litre pour l’essence SP95 (1,49€) et de 1,40€ pour le gazole. Sur une année, la hausse est de près de 10 centimes par litre pour l’essence (soit 6,5% de hausse sur un an) et de 15 centimes par litre pour le diesel (soit 12% de hausse sur un an).

 

 

Source : France Info, France Bleu