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Blocage du 17 novembre : à quoi faut-il s'attendre ?

  • par Elise
  • 15 novembre 2018

Un tractage des "gilets jaunes" dans la Drôme. © Maxppp / Fabrice Anterion /  France Inter

À quoi va ressembler le 17 novembre, date à laquelle les « gilets jaunes » ont appelé à une journée de blocage des routes et de points stratégiques, pour protester contre la hausse du prix des carburants ?

Selon le site blocage17novembre.com sur lequel sont recensés tous les appels à la mobilisation, les blocages pourront prendre différentes formes. « On n'a pas une organisation syndicale qui a l'habitude de faire une manisfestation qui l'organise. Par exemmple, une manifestation qui l'organise. Par exemple, une manifestation ça se déclare en préfecture. Là, très peu l’ont déclarée », avait souligné le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner mardi sur BFMTV.

Pour l’heure, trois principales formes de mobilisation sont évoquées dans les appels mis en ligne : une opération escargot sur la voie publique, le blocage d’un péage d’autoroute ou d’une entrée de grande ville et une manifestation à un endroit fixe donné, sans blocage ni volonté de ralentir le trafic.

Combien de manisfestants sont attendus ce samedi 17 novembre ?

L'élément reste encore très difficile à estimer et le restera jusqu'à samedi. Toutefois, chaque événement organisé sur Facebook partout en France intéresse en moyenne 300 personnes. Un de ces événements sort toutefois du lot : celui qui prévoit le blocage du périphérique parisien. 50.000 personnes entendent participer à l’événement organisé par Eric Drouet et près de 200.000 personnes se disent « intéressées ». Les organisateurs appellent à « rentrer à 14h partout » sur le périphérique avant de « se réunir ensuite devant l’Elysée ».

Les « gilets jaunes » risquent-ils vraiment quelque chose s’ils bloquent la circulation ce samedi ? 

Opérations escargot ou carrément blocages de la circulation, comme le rappelle le blogueur-avocat Maître Eolas sur Twitter, “le fait d’employer un moyen quelconque pour mettre obstacle à la circulation publique est puni de deux ans d’emprisonnement, 4500 euros d’amende, trois ans de suspension de permis et coûte six points retirés”. Évidemment, les manifestants risquent un placement en garde à vue, 48 heures au maximum. Légifrance, le portail des textes de loi, précise aussi que si des véhicules sont utilisés, l’immobilisation de ceux-ci peut intervenir. À noter également que l’organisateur d’une manifestation non déclarée risque six mois de prison et 7500 euros d'amende ; les participants, eux, peuvent être sanctionnés d'une amende de 38 euros. 

Mais ces peines sont-elle vraiment appliquées ? Pas vraiment, à en croire quelques exemples récents. Le récent mouvement des ambulanciers a entraîné 14 interpellations en Île-de-France, début novembre, mais aucune condamnation n’a suivi : plusieurs simples rappels à la loi, le reste des poursuites abandonnées car les infractions n’étaient pas assez caractérisées. À Notre-Dame-des-Landes, plusieurs départementales ont été bloquées, pendant plusieurs semaines, mois voir années. Or, jusqu’à présent, personne n’a été condamné pour ça. De façon générale, on voit assez rarement des condamnations pour de seuls motifs d'entrave à la circulation. 

Des consignes données aux forces de l’ordre ?

Selon le ministre de l’Intérieur, interrogé mardi sur BFMTV, les forces de l’ordre devront intervenir pour lever tout “blocage total” : “Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons” assurait Christophe Castaner. Mais pas de sévérité gratuite : aucune manifestation ne devrait être interdite, tant qu’elle “ne menace pas l’ordre public” ; le ministre espérant trouver “un point d’équilibre”. 

 

Source : 20minutes, France Inter