Prix du carburant : quelle tendance pour cette décennie ?

21/01/2020

En début d'année, le clash éclair entre les Etats-Unis et l'Iran a fait grimper le prix du baril de Brent au-delà de 70 dollars. Les tensions se sont toutefois vite appaisées. Mais quelle sont les tendances pour l'année 2020 et pour cette décennie ?

En début d'année, le clash éclair entre les Etats-Unis et l'Iran a fait grimper le prix du baril de Brent au-delà de 70 dollars. Les tensions se sont toutefois vite appaisées. Mais quelle sont les tendances pour l'année 2020 et pour cette décennie ?

Parmi les facteurs influant sur le prix à la pompe pour l'automobiliste, nous retrouvons bien sûr les tensions géo-politiques dans des pays-clés producteurs / exportateurs. Les marchés se sont envolés suite à l'attaque de drone ciblée qui a tué le général iranien Soleimani début janvier mais malgré les craintes ce sursaut n'aura finalement qu'une semaine.

Le magazine Boursorama rapporte les propos de Francis Perrin, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Ce dernier rappelle que « si une guerre éclate véritablement entre les deux pays, l'impact sur les prix sera extrêmement important ». Reste que pour l'heure le cours du baril de Brent est revenu aux alentours de 65 dollars.

A moins d'une crise internationale majeure, pour cette année 2020 la situation s'annonce donc stable. Le ralentissement de la production et une potentielle augmentation de l'essence à la pompe seront davantage palpables au cours de la décennie.

Un marché décloisoné et déséquilibré

Depuis une dizaine d'années, la fièvre de l'or noir a reconquis la région du Texas aux Etats-Unis qui produit désormais plus de barils par jour que les Emirats arabes.

Face à l'exploitation américaine de ce pétrole de schiste, l'Arabie Saoudite a décidé de baisser sa production quotidienne de 1,7 million de barils à 1,2 million pour ce premier trimestre 2020.

Toutefois les difficultés rencontrées dans l'extraction de ce pétrole de schiste seraient bien réelles selon Benjamin Louvet, responsable chez OFI Asset Management, un cabinet de conseil en investissements. Le cabinet IHS Markit a dû revoir à la baisse ses chiffres. Pour 2020, on ne tablerait plus que sur 400 000 barils par jour de croissance de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis pour 2020 et 0 en 2021.

A cela s'ajoutent des pressions environnemtales pour la réduction de l'usage des énergies fossiles - notamment à cause des émissions massives de gaz à effets de serre au cours de l'extraction du pétrole aux Etats-Unis - au profit des biocarburants.

Reste que dans une interview recueillie la semaine dernière par France Info, le PDG de Total, Patrick Pouyanné s'est exprimé au sujet de la question des énergies renouvelables : "Le débat est aujourd'hui quand même beaucoup trop manichéen, trop faussé (...) Je comprends qu'il y a des jeunes qui ont envie qu'on agisse, mais c'est un sujet complexe".

Un ralentissement réel de la production à partir de 2025

Dans ses prévisions jusqu'en 2040 l'Agence internationale de l’énergie prévoit un ralentissement de la demande mondiale de pétrole à partir de 2025.

La demande devrait augmenter d’environ un million de barils par jour en moyenne chaque année jusqu’en 2025, contre 97 millions de barils par jour sur l’année 2018. L'agence ajoute que la demande continuera de croïtre alors annuellement de 0,1 million de barils par jour en moyenne dans au cours des années 2030, pour culminer à 106 millions de barils par jour en 2040.


Guillaume Belfiore

Responsable Marketing Digital & Branding

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